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Le jeûne fait peur, parlons-en!

jeûne Pozâm randonnée Belgique

Je vais être honnête avec vous.

Il y a des moments où, quand quelqu’un me demande ce que je fais dans la vie, je choisis ma réponse avec un peu de stratégie.

Pas parce que je ne suis pas alignée avec ce que je fais. Bien au contraire.

Mais parce que je sais très bien ce qui va suivre : une avalanche de questions, des regards un peu inquiets, des silences parfois, et très souvent, cette sensation que je vais devoir expliquer, justifier, rassurer.

Alors parfois, quand je manque de temps, je simplifie, c'est vrai.

Parce que le jeûne intrigue…mais surtout, il inquiète.


Pourquoi le jeûne dérange autant ?

Ce n’est pas juste une question de nutrition.

Quand on parle de jeûne, on touche à quelque chose de beaucoup plus profond : notre rapport à la nourriture et à la sécurité.

Depuis toujours, manger est associé à la survie.

Alors décider volontairement de ne pas manger pendant plusieurs jours, même dans un cadre encadré, vient heurter un réflexe presque instinctif.

Et ça déclenche immédiatement des projections.


“Tu ne manges vraiment rien ?”“Ton corps ne va pas s’épuiser ?”“Tu ne risques pas de faire un malaise ?”


Ces questions ne sont pas absurdes. Elles sont humaines.

Et il faut le dire clairement : oui, le jeûne est un stress pour le corps. Mais tout l’enjeu est là.

On associe souvent le mot “stress” à quelque chose de négatif. Alors qu’en réalité, le corps est conçu pour gérer des formes de stress… à condition qu’elles soient ponctuelles, adaptées et accompagnées.

C’est exactement le même principe que lorsque l’on fait du spor ou que l’on s’expose au froid, et même à la chaleur. Sur le moment, le corps est challengé mais derrière, il s’adapte.

Et c’est cette capacité d’adaptation qui est intéressante.


Ce que l’on imagine… et ce que l’on vit réellement

Il y a un écart assez fascinant entre l’image que l’on se fait du jeûne…et ce que les gens vivent réellement.

Dans l’imaginaire collectif, le jeûne ressemble souvent à une forme d’épreuve.

On imagine une fatigue intense, une faim permanente, un corps qui “subit” et une expérience difficile du début à la fin.

Et pourtant, sur le terrain, ce n’est pas ce que j’observe la majorité du temps.


Les premiers jours peuvent être déroutants et inconfortables.

Mais assez rapidement, quelque chose s’installe.

Une forme d’apaisement.

Et c’est là que les retours changent.


“Je pensais avoir faim tout le temps… mais ce n’est pas le cas.” - Je me sens plus légère.” - “C’est plus mental que physique finalement.” - “Je suis plus calme, plus posée.”


Ce qui surprend le plus, ce n’est pas la difficulté.

C’est le décalage entre ce que l’on redoutait…et ce que l’on vit.

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Ce que disent les participants après coup

S’il y a bien un point commun entre la majorité des personnes que j’accompagne, c’est celui-ci : la surprise. Pas forcément parce que tout est facile. Mais parce que ce n’est pas ce qu’ils imaginaient. Et très souvent, il y a ce moment charnière. Celui où la personne réalise :


“Je suis capable de faire autrement.”


Et cette prise de conscience dépasse largement le cadre du jeûne. Elle vient toucher quelque chose de plus profond : la confiance en soi, la relation au corps et la capacité à sortir de ses automatismes. Et cette phrase, je l’entends presque à chaque séjour :


– "Je ne pensais pas en être capable.”


Ce que j’observe, semaine après semaine

Avec le recul, ce qui me marque le plus, ce n’est pas le jeûne en lui-même. C’est ce qu’il déclenche. Parce qu’au fond, le jeûne crée un espace où l’on ralentit, où l’on observe.

Et dans cet espace, beaucoup de choses peuvent émerger.

Une écoute plus fine du corps, une meilleure compréhension de la faim, une prise de distance avec certains réflexes. Mais surtout, il se passe quelque chose de très simple : on remet un peu de conscience dans des gestes et des habitudes qui étaient devenus automatiques. Et c’est souvent à partir de là que les choses commencent réellement à évoluer. Pas dans une recherche de perfection, ni dans l’idée de transformer toute sa vie du jour au lendemain, mais plutôt dans une dynamique plus durable, faite de petits ajustements et d’habitudes qui s’installent progressivement, une à la fois.


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Alors… dangereux ou transformateur ?

C’est probablement la question que l’on me pose le plus souvent, et elle mérite une réponse honnête et nuancée. Le jeûne n’est ni quelque chose d’anodin, ni une pratique adaptée à tout le monde. Il existe des contre-indications (https://www.pozam.be/les-contre-indications), certaines situations demandent de la prudence, et un jeûne sérieux devrait toujours être encadré correctement.

Mais réduire le jeûne à quelque chose de “dangereux” serait aussi passer à côté de ce que beaucoup de personnes viennent y chercher - et y trouvent parfois. Ce n’est pas une solution miracle. Et certainement pas une performance. Mais en tous les cas, il ne peut rien vous arriver de mal, ni de dangereux.

Le jeûne est plutôt un outil, une expérience qui permet de ralentir, d’observer autrement son corps, son énergie et ses habitudes. Parfois, cela ne change presque rien. Et parfois, cela devient un vrai point de départ.


Et si la vraie peur n’était pas celle qu’on croit ?

Au fond, ce qui fait peur, ce n’est peut-être pas tant le jeûne lui-même.

C’est ce qu’il implique : sortir de ses habitudes, lâcher ses repères et lâcher prise ( surtout!), explorer une autre manière de fonctionner.

Et ça, c’est inconfortable. Pour tout le monde.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas : – "Est-ce que je pourrais jeûner ?” mais plutôt :


“Est-ce que je suis prêt(e) à vivre une expérience différente ?”



 
 
 

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